Segolene Romier

Diplômée en architecture, Ségolène s’évade du cadre un peu rigide de son métier pour aller jouer avec la pierre, en parcourir les veines, et l’apprivoiser peu à peu. Elle aime le geste de tailler, faire jaillir les éclats sous ses outils. Attentive à son matériau, elle peut se laisser souffler des idées par lui et donner ainsi à son travail en cours une nouvelle orientation.

Amants qui se croisent dans un élan, homme-grenouille aux aguets ou queue de singe enroulée sur un fessier rebondi, les sculptures de Ségolène sont présentes, demandent à ce que l’on tourne autour d’elles, se penche pour en saisir les creux et les pleins. D’une oeuvre à l’autre, on se surprend à entrer dans un univers riche et cohérent, compact et tout en rondeurs

Ces formes plastiques, ni hommes, ni femmes, relèvent de l’androgynie, ces personnages tiennent peut-être des deux sexes. Ils sont à la fois sympathiques et terrifiants, ils ont l’air d’être d’ailleurs et d’ici – Ségolène Romier ne donne aucune indication quant aux matériaux composites qui les constituent – ils sont désignées par des codes fait de chiffres et de lettres ou portent la dénomination de « sans titre.

Munis de lunettes de conducteurs de chars d’assaut, ils viennent perturber notre monde et ils sont tous, en puissance, porteurs d’une histoire. Nous aimerions les habiller, les maquiller, en un mot les bricoler pour les faire parler afin de voir ce qu’ils ont dans le ventre. Ségolène Romier les rend énigmatiques et elle se raconte des histoires, des moments de sa vie et je suis sûr qu’elle dispose des objets personnels à l’intérieur de ses personnages.Il ne reste plus qu’à les scanner et l’ange peut, à la fois annoncer la bonne nouvelle ou jouer à l’exterminateur.