Rodolphe Bouquillard
04/05/2017 au 23/09/2017
1, place de Thorigny
75003 PARIS

Variations Africaines


- Exposition individuelle de l'artiste Rodolphe Bouquillard -

 

Les toiles sculptées de Rodolphe Bouquillard nous invitent à un voyage à travers le temps. Elles sont inspirées de l’art africain de différents pays : Congo, Nigeria, sculptures Tchokwe (ethnie du Nord Est de l’Angola, pays où il a exposé en décembre 2015). En effet, l’artiste a grandi au contact de l’art africain, sa famille, et particulièrement son grand père, étant de grands collectionneurs d’art tribal. C’est en parcourant de nombreuses expositions qu’il en vient à vouloir réinterpréter cet art. Picasso voyait l’art en général comme un grand dictionnaire dans lequel l’artiste peut puiser son vocabulaire dans toutes les époques et dans tous les styles. Lucio Fontana concrétisait à travers ses œuvres un désir d’unité du temps et de l’espace.

Rodolphe Bouquillard s’inspire du spatialisme de Lucio Fontana des années 60 pour le concept spatial : la toile est incisée dans un geste iconoclaste et repliée. Ceci crée un bombage de la toile et donc une certaine sensualité. Rodolphe Bouquillard prolonge la démarche de Fontana en construisant des figures à partir de formes géométriques simples permises par cette technique.

Il représente en volume, le rapport à l’espace est évident. Les différentes toiles monochromatiques s’additionnent, ce qui constitue un hommage aux toiles superposées d’Ellsworth Kelly. Ce dernier considérait lui-même ses toiles superposées comme des reliefs, soulignant l’importance de leur épaisseur, ce qui introduit également une dimension architecturale dans l’œuvre.

Les toiles superposées sont dans l’œuvre de Rodolphe Bouquillard comme des strates qui disent chacune les différentes parties de la représentation du corps ou de l’objet. Cet ensemble de toiles lacérées, et véritablement écartelées en viennent à produire une composition, mais comme disait Picasso à propos de ses propres œuvres, c’est « une somme de destructions et non une somme d’additions » que Rodolphe Bouquillard propose.

Les œuvres sont présentées sur le mur ou sur socle : elles sont des sculptures autant que des peintures. La profondeur de tel ou tel élément de la représentation du corps symbolisé par une forme géométrique est bien réelle et n’est pas une illusion. C’est aussi sur ce point que l’on peut rapprocher l’œuvre de Rodolphe Bouquillard de celle des stacks de Donald Judd qui considérait ses éléments accrochés au mur comme un refus de la perspective. 

La dimension figurative des œuvres interroge sur la question de l’existence de la même façon que la statuaire et les masques africains sont au centre de ce qui rythme la vie des ethnies : mariage, maternité, décès. En s’inspirant de l’art ethnique africain et de la culture occidentale, Rodolphe Bouquillard pose la question à travers cette série d’œuvres, de l’existence comme une passerelle entre différentes époques et civilisations. 

 

Christine Mendes Antunes  | Directrice artistique

 

 



- Solo exhibition of the artist Rodolphe Bouquillard -

 

Inspired by African Art from different countries (Nigeria, Congo, Guinea) and Tchokwe sculptures (ethnic group native of the North East of Angola, country where he exhibited his works in December 2013), the Sculpted Canvases of Rodolphe Bouquillard invite us to travel through time.

The artist grew up in contact with African Art, his family and especially his grandfather being great tribal art collectors. After his numerous visits in art galleries and museums, he decided to reinterpret this art. Picasso saw art like a big dictionary in which the artist could take his vocabulary from all ages and from every style. As for Lucio Fontana, he made concrete desire of united time and space through his works.

Rodolphe Bouquillard draws his aspiration from Lucio Fontana’s spatialism of the 60s for the spatial concept of his own works: the canvas is incised in an iconoclast and folded movement. This technique creates a bending effect on the canvas and leads to a clear sensuality. By extending Lucio Fontana’s demarche, the artist creates figures from simple geometric forms allowed by this technique.

He represents in volumes the relationship between spaces. His monochromatic canvases pay respect to Ellsworth Kelly’s layered canvases. This artist regarded his layered canvases as reliefs, underlining the importance of their thickness, which introduces also an architectural dimension in the artwork.

The layered canvases in Rodolphe Bouquillard’s work are like stratums referring to the different parts of the body or the object’s representation. This set of incised and torn apart canvases form a composition. Like Picasso said about his own works, it is “an amount of destructions, not an amount of additions” that Rodolphe Bouquillard suggests.

His artworks are exhibited directly on walls or put on a pedestal: they are sculptures as well as paintings. The depth of one or another element of the body representation symbolized by a geometrical form is real and not an illusion. This is why we can compare Rodolphe Bouquillard works to Donald Judd’s Stacks who considered these hung elements as a refusal of perspective. 

The figurative dimension of these artworks brings up the question of existence in the same way as African statues and masks do by being in the centre of what marks the life of ethnicities: marriage, death, fecundity and hunting. By taking his inspiration from Ethnic African art and European culture, Rodolphe Bouquillard questions, through this series, the existence as a bridge between different epochs and civilizations.

 

Christine Mendes Antunes  | Artistic Director